Prix27 septembre 2026·3 min de lecture

Stations à sec : 16 % des pompes en difficulté, ce que la pénurie de carburant change pour une électrique

Le 21 septembre 2026, 16 % des stations manquaient d'au moins un carburant, jusqu'à 27 % pour le SP95. Les causes, les régions touchées, et ce que change une recharge faite chez soi quand la pompe est vide.

Par Vianney Fritsch, fondateur de Volté

Station-service déserte éclairée de nuit

Le lundi 21 septembre 2026, 16 % des stations-service françaises manquaient d'au moins un carburant, selon les chiffres du ministère de l'Économie repris par L'EnerGeek. Deux jours plus tôt, le samedi 19, la proportion était de 13 %. Le SP95 était le plus touché, absent dans 27 % des stations, devant le SP95-E10 et le SP98 à 20 %, et le gazole à 13 %.

La pénurie ne fait pas baisser les prix. Le dimanche 27 septembre à 22 heures, le gazole se payait 2,381 € le litre en moyenne, le SP95-E10 2,145 € et le SP98 2,230 €, selon prix-carburant.eu.

Les régions les plus touchées

La carte n'est pas uniforme. Les Pays de la Loire arrivent en tête avec 20 % de stations en difficulté, devant le Grand Est à 19 %, puis le Centre-Val de Loire, l'Île-de-France et la Normandie à 18 %. La Bourgogne-Franche-Comté est à 13 %, et la Corse n'est pas touchée.

Pourquoi les pompes se vident

Deux causes se cumulent.

La première est logistique. La sécheresse de l'été 2026 a fait baisser le niveau du Rhin, par lequel une partie du carburant voyage en péniche. Sous un certain niveau d'eau, les barges ne passent plus et il faut basculer sur des camions, ce qui prend plus de temps.

La seconde tient aux prix. Les ruptures se concentrent à 91 % dans les stations TotalEnergies, qui plafonnent leurs prix depuis mars 2026. Quand un réseau affiche un litre nettement moins cher que ses voisins, les automobilistes s'y reportent et ses cuves se vident plus vite qu'elles ne se remplissent.

Le gouvernement assure que les stocks stratégiques sont pleins et que la visibilité porte sur six à huit semaines. Le problème n'est donc pas le manque de carburant en France, mais son acheminement jusqu'à la pompe.

Ce qui change quand on recharge chez soi

Une voiture électrique ne dépend ni des barges du Rhin ni du tarif affiché par une station. Elle se recharge sur le réseau électrique, le plus souvent la nuit, à la maison.

Prenons 40 km par jour, cinq jours par semaine : 200 km par semaine. Une électrique de 50 kWh qui consomme 16 kWh aux 100 km utilise 32 kWh sur la semaine, soit un peu plus de la moitié de sa batterie. Une seule recharge par semaine sur une prise ou une borne à domicile suffit, et un soir de pompe vide ne change rien au trajet du lendemain.

Sur une prise renforcée de 3,7 kW, ces 32 kWh se récupèrent en une nuit. Sur une prise domestique classique, il faut compter deux nuits. Les deux options sont détaillées dans notre article sur la borne de recharge à domicile. Pour ceux qui n'ont pas de place de parking à eux, nous avons aussi fait le point sur la recharge sans prise chez soi.

Deux voitures faites pour ce rythme

Pour 200 km par semaine, inutile de viser une grande batterie. Un Opel Mokka-e de 2023, 13 112 km est proposé à 18 050 €, avec 342 km d'autonomie annoncée. Un Citroën ë-C3 Aircross de 2025, 3 420 km coûte 16 650 €, pour 302 km. Nos guides du Mokka-e et de l'ë-C3 détaillent les versions. Pour comparer le coût sur plusieurs années avec votre voiture actuelle, notre page électrique ou thermique fait le calcul.

Les chiffres cités sont ceux publiés entre le 21 et le 27 septembre 2026 et évoluent chaque jour.

Les stocks sont pleins, les cuves des stations beaucoup moins.

Sources

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